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Jean-Claude Sommaire, membre du Conseil d’administration de D&S, a écrit ce texte courageux pour rappeler l’importance de sortir des idées reçues quand on aborde le débat sur l’identité nationale ; il appelle à affronter les questions qui fâchent en mettant en débat des propositions qui dépassent les recettes habituelles.

Quelques réflexions à propos du débat sur l’identité nationale

Jean-Claude SOMMAIRE (17 décembre 2009)

 

Au delà des critiques conjoncturelles que peuvent légitimement susciter cette initiative du Président de la République, deux questions de fond, difficiles à esquiver, sembleraient quand même devoir être débattues, posément et tranquillement, dans l’esprit de ce que certains appellent l’éthique de la discussion.

La première pourrait se rapporter au lien à reconnaître, ou non, entre immigration et identité  nationale, et la seconde à l’utilité, ou non, d’avoir une réflexion prospective sur ces questions ainsi rapprochées.

Un lien entre immigration et identité nationale ?

Tant sur un plan conceptuel que sur un plan pratique et de bon sens, il apparaît  difficile de pouvoir dire, qu’aujourd’hui, il n’existerait aucun lien entre immigration et identité nationale, même si, bien évidemment, la question de l’identité nationale ne saurait se réduire, loin de là, à la question de l’immigration. Notre identité nationale contemporaine ce sont d’abord nos valeurs républicaines, notamment d’égalité et de laïcité, la démocratie, notre système public d’enseignement et de formation, notre régime de protection sociale et de solidarité, etc. Mais ce sont aussi, des paysages, un certain mode de vie, une langue commune, diverses formes d’expressions artistiques et culturelles, et, plus globalement, tout un héritage historique et symbolique à la construction duquel l’immigration a pris sa part.

En effet, depuis la Révolution, la Nation française qui a toujours été présentée comme une construction politique reposant sur le principe d’une adhésion individuelle des citoyens aux valeurs républicaines, s’est enrichie, au fil des ans, d’apports migratoires importants de toutes origines ethnique, culturelle et religieuse. Au niveau de ses grands-parents et arrière-grands- parents, un français sur quatre se trouve avoir un ascendant d’origine étrangère.

En cohérence avec ce principe fondateur, un « modèle français d’intégration », de type assimilationniste, a permis avec succès, pendant des décennies, à des enfants de migrants, à l’époque essentiellement d’ascendance européenne, de se fondre, individuellement, dans la communauté française en oubliant largement leurs origines culturelles. Des instruments puissants d’intégration y concouraient alors : l’école laïque républicaine, le service national, l’église catholique avec ses patronages, le parti communiste avec ses cellules ouvrières, les syndicats, etc.

Mais, aujourd’hui, ces instruments d’intégration se sont affaiblis ou ont disparu, et la Nation française, dans le contexte contemporain de la mondialisation de l’économie et de la construction européenne, n’a plus l’attractivité qu’elle pouvait exercer autrefois. Par ailleurs notre immigration, qui est devenue de moins en moins maîtrisable, est maintenant majoritairement d’origine extra européenne (maghrébine, africaine sub-saharienne, turque, asiatique, etc.), culturellement plus diverse, et souvent plus « visible » dans l’espace public. Elle est aussi devenue plus familiale, le quartier remplaçant l’usine comme espace principal d’intégration, dans un contexte de crise économique marqué par le développement du chômage et de la précarité. Elle est également maintenant plus musulmane dans une France laïque connaissant un fort déclin des pratiques religieuses chrétiennes traditionnelles et une montée continue de l’indifférence.

Par ailleurs, depuis de nombreuses années, notre nation peine, de façon inquiétante, à insérer socialement les jeunes générations, maintenant françaises, issues de son immigration post coloniale, notamment celles d’origine maghrébine et africaine sub-saharienne. Au lieu de devenir des « français à part entière », comme la République le leur promettait, nos jeunes compatriotes ont le sentiment de devenir des « français entièrement à part », comme au temps des colonies disent même certains d’entre eux.

En retour, beaucoup de ces jeunes français expriment publiquement et de plus en plus fréquemment, sous des formes diverses, un sentiment de ressentiment à l’égard de la France et de ses symboles. Quant aux ressortissants des autres migrations et à leurs enfants, plus soucieux d’intégration économique que d’intégration culturelle, ils maintiennent, ou confortent, leurs réseaux communautaires et ils n’entretiennent avec l’idée nationale qu’une relation assez lointaine.

De plus, depuis les émeutes de l’automne 2005, personne ne peut ignorer qu’une partie importante des jeunes impliqués dans les violences urbaines, et dans la délinquance, sont  « issus » de cette immigration maghrébine et africaine sub-saharienne. Déjà, en 2002, une étude réalisée par le sociologue Sébastian Roché dans le département de l’Isère, largement occultée à l’époque, avait montré que, dans ce département, les deux tiers des jeunes délinquants étaient « d’origine étrangère ». Elle notait même, qu’à la différence des USA où les auteurs d’infractions et leurs victimes appartiennent le plus souvent au même groupe ethnique, c’était moins le cas en France où, fréquemment, les auteurs sont d’origine maghrébine et les victimes d’origine européenne.

De même, depuis cette année 2005, un début de prise de conscience d’une question « black » est également apparu dans le débat public après qu’une manifestation parisienne de lycéens ait été brutalement dispersée par un millier de « casseurs » venus de Seine St Denis et du nord de Paris dont beaucoup d’observateurs dirent alors qu’ils étaient majoritairement « noirs ». Ce phénomène s’est reproduit depuis à plusieurs reprises, comme lors de la dernière techno parade à l’automne dernier, qui, elle aussi, a dû s’interrompre du fait de bandes « noires » venus dépouiller violemment les « toffeurs » blancs.

On ne peut pas, non plus, ne pas voir, dans de nombreux quartiers de nos grandes agglomérations urbaines, les transformations rapides de l’espace public, quand la population « musulmane » y est importante : développement de commerces ethniques, multiplication de lieux de culte musulmans, port du voile islamique par les femmes, etc. La constitution de ces espaces communautaires, voire communautaristes, longuement décrits par le sociologue Didier Lapeyronnie dans son ouvrage « Ghetto urbain », contribue aussi à nourrir l’inquiétude d’une partie de nos compatriotes.

Cette double réalité des « violences urbaines » et de « l’islamisation » de certains quartiers, ne peut, bien évidemment, que peser sur les débats en cours sur l’identité nationale et leur donner un caractère très passionnel susceptible d’alimenter tous les dérapages.

Pour autant, ces questions dérangeantes ne peuvent plus être occultées. En débattre franchement, sans langue de bois, est devenu indispensable si on veut réellement tenter d’y apporter des réponses. C’est également nécessaire si l’on ne veut pas continuer à pénaliser la majorité de ces jeunes qui, engagés dans des parcours d’insertion on ne peut plus normaux, souffrent d’être trop facilement assimilés par l’opinion à des « racailles » ou à des « islamistes ».

Cela est d’autant plus important que des travaux récents de la démographe Michèle Tribalat, auxquels les pouvoirs publics n’ont pas souhaité donner une trop grande publicité, indiquent que la population des « jeunes issus de l’immigration » augmente dans notre pays : 37% de jeunes d’origine étrangère en Ile-de-France, plus de 60% dans une vingtaine de villes, une progression en très forte hausse dans l’ouest de la France et une « explosion » du nombre de ceux d’entre eux d’origine africaine sub-saharienne.

Dans ses conditions, plutôt que de nier les effets de l’immigration sur notre identité nationale, mieux vaudrait réfléchir sereinement à ce qu’il conviendrait de faire pour que celle-ci qui, hier, enrichissait notre société, ne vienne pas, demain, la fragiliser. Qu’on le veuille ou non, le développement des ghettos ethniques et les incendies de voitures sont maintenant perçus, à l’étranger, comme des éléments spécifiques de l’identité française au même titre que les traditionnelles grèves des services publics. On ne peut pas s’en satisfaire.

L’approfondissement, dans notre pays, d’une fracture sociale qui tend à devenir une fracture urbaine, ethnique, culturelle et confessionnelle devrait nous conduire à réfléchir, avec pragmatisme et réalisme, à des réponses nouvelles pour tenter de préserver notre vivre ensemble. Il est en effet maintenant devenu difficile de croire, même en cas d’alternance politique, à la perspective d’un véritable « plan Marshall » des banlieues qui viendrait  régler tous les problèmes que l’on connaît aujourd’hui. N’est ce pas aussi une chimère que de vouloir continuer à rechercher une « mixité sociale », maintenant largement perçue par l’opinion comme une « mixité ethnique » porteuse de tous les dangers.

Avoir une réflexion prospective sur la problématique « immigration et identité nationale » ?

Notre identité collective n’est pas figée et l’immigration contribuera, demain comme hier, à la façonner. Elle est évolutive par nature et elle ne pourra pas être, dans le futur, ce qu’elle a été dans le passé. Elle sera demain plus diverse, plus colorée, et plus musulmane. Pour utiliser une référence cinématographique nous ne reviendrons pas au bon vieux temps d’Amélie Poulain même s’il n’est pas déshonorant d’en avoir la nostalgie. Nous sommes aujourd’hui au temps d’ « un prophète »,  film violent et éprouvant, qui est quelque peu une illustration des travaux du sociologue Farhad Khosrokhavar sur « l’islam dans les prisons ».

Les détenus «musulmans» constituent en effet la moitié du total de la population carcérale française actuelle, ce taux avoisinant 70 % à 80 % dans les maisons d’arrêt proches des grandes agglomérations urbaines. Nous ne pouvons pas ignorer cette réalité dérangeante ni nous en satisfaire. Il nous faut y porter remède si nous ne voulons pas aller un jour vers quelque chose qui pourrait commencer à ressembler à une forme larvée de guerre civile dont nous avons déjà  connu les prémices dans plusieurs quartiers depuis 2005.

C’est d’autant plus urgent que dans son récent ouvrage, « Le temps des immigrés », François Héran, ancien directeur de l’INED, a exposé, à juste titre, que l’immigration était un phénomène inéluctable appelé à devenir, comme chez nos principaux voisins européens, même si ce n’est pas encore le cas aujourd’hui pour notre pays, le principal  facteur de croissance de notre population. Pour l’avenir, ce démographe de référence évoque des hypothèses allant de « l’infusion durable » à « l’intrusion massive » avec, pour conséquence, une société française, devenant progressivement plus colorée et plus métissée, se rapprochant d’un « modèle réunionnais ».

Dans ce contexte, l’insertion de ces populations nouvelles dans la société française est évidemment devenu un défi majeur à relever au même titre que celui du vieillissement général de la population.

Les analyses de François Héran demanderaient toutefois à être complétées et approfondies car, si le « modèle réunionnais » est  une authentique réussite multiculturelle, il repose aussi, assez largement, sur un fond d’assistanat qui le disqualifie quelque peu pour constituer une perspective d’avenir pour l’ensemble de notre pays. Il serait plus réaliste de poursuivre une réflexion prospective sur la base des réalités que nous connaissons aujourd’hui en métropole en travaillant, par exemple, sur le « modèle Neuf trois »(département de de la Seine-Saint-Denis) ou sur le modèle « Bélingard » (nom fictif d’un quartier ghetto d’une ville de province de l’ouest de la France) présenté par Didier Lapeyronnie dans son ouvrage.

Quelle vitesse de développement du modèle « Neuf trois » ou du modèle « Bélingard »  souhaitons nous pour la France ? Préférons nous l’infusion durable ou l’intrusion massive? Disposons nous d’une réelle marge de manœuvre en la matière? Pourrions nous faire évoluer ces modèles « Neuf trois » ou « Bélingard » vers des modèles de développement économique et social reconnaissant et valorisant les ressources endogènes des populations qui vivent sur ces territoires multiculturels avec, en perspective, moins de discriminations, moins d’assistanat, moins de délinquance ?

On ne peut pas interdire à un état démocratique, soucieux du maintien de son vivre ensemble, de se préoccuper de l’avenir de son peuplement au plan ethnique, culturel et religieux. Il n’est pas illégitime pour notre pays de s’interroger sur les conséquences d’une immigration mal maîtrisée, à dominante familiale et musulmane, très largement originaire du Maghreb et d’Afrique sub-saharienne, dont on sait qu’elle est appelée à devenir « un médicament à vie » suivant la formule de Michèle Tribalat. D’autres pays respectueux des droits de l’homme, notamment ceux de l’Europe du nord, se sont autorisés à développer ce type de réflexion afin de savoir ce que seront les caractéristiques de leur population dans quelques décennies.

Il semble difficile, aujourd’hui, dans le contexte de la crise de l’intégration que nous connaissons, de faire l’impasse sur ces questions. Polémiquer sur l’initiative prise par le Président de la République, aussi discutable puisse-t-elle être, en oubliant les réalités de terrain ne relève pas d’une éthique de responsabilité. Ne pourrait on parvenir un jour, dans notre pays, sur des questions de société aussi délicates, à dire les choses sans excès mais aussi sans faux semblant ? Avant de se déchirer sur des principes, ne pourrait-on pas, d’abord, essayer de se retrouver sur un diagnostic partagé des problèmes que nous avons à résoudre?

En créant la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI), les autorités de l’Etat ont engagé le nécessaire travail symbolique de légitimation des apports de l’immigration à la construction de notre identité nationale post coloniale. Sans remettre en cause les valeurs qui fondent notre pacte républicain, notamment les principes d’égalité et de laïcité, cet indispensable travail de « reconnaissance » gagnerait à être poursuivi et développé.

Une République suffisamment sûre d’elle même devrait ainsi pouvoir tolérer, dans l’espace public, une prise en compte raisonnable des identités particulières de nos concitoyens les plus récents. Nos nouveaux compatriotes et leurs enfants adhéreraient d’autant mieux aux valeurs communes que nous ne mépriserions pas leur héritage culturel et symbolique. Cela n’impliquerait nullement d’accepter certaines traditions contraires aux droits humains, bien au contraire, mais il faut savoir, comme l’a écrit très justement l’écrivain franco libanais Amin Maalouf, que le droit de critiquer l’autre se mérite.

Ce travail de « reconnaissance » pourrait se décliner efficacement au plan local, ce que  beaucoup d’élus ont d’ailleurs compris en facilitant, maintenant, l’édification de lieux de culte musulmans décents alors qu’ils y étaient réticents hier. C’est à ce niveau de proximité que les jeunes générations, d’origine maghrébine et africaine sub-saharienne, aspirent en priorité à être reconnues comme des citoyens à la fois égaux et différents. Égaux, d’abord, en veillant localement à ce qu’ils soient mieux protégés des discriminations raciales qui minent notre  principe républicain d’égalité. Mais différents, aussi, en respectant leurs appartenances particulières, afin de faciliter leur pleine participation à la vie commune plutôt que de les contraindre à un  retrait vers des espaces communautarisés.

Il faut que nous prenions pleinement conscience, comme nous y incite Jean-Claude Guillebaud dans son dernier livre, « le  commencement d’un monde, que nous abordons actuellement une nouvelle période de la modernité contemporaine. La longue séquence historique de l’hégémonie occidentale sur le monde s’achève et une modernité métisse s’installe au cœur même de nos sociétés. Dans ce contexte, le multiculturalisme, l’immigration, les brassages et les métissages des cultures nous posent, à l’évidence, des problèmes nouveaux que nous ne pouvons plus penser en faisant appel aux analyses et aux concepts du passé.

A cet effet, Martine Abdallah Pretceille, professeure des universités, nous invite, avec clairvoyance, à construire un « humanisme du divers » :

« Il s’agit de comprendre pourquoi la composition plurielle de la société est aujourd’hui posée comme un problème. Il s’agit aussi d’en trouver les modes de traitement possibles au plan politique, social et éducatif. En réalité, la pluralité s’énonce dans des termes et dans un contexte totalement différent par rapport au passé. Les difficultés surgissent à partir du moment où l’on cherche à répondre au défi de la pluralité en utilisant des concepts et des analyses qui, s’ils avaient une quelconque pertinence dans le passé, n’en ont plus aujourd’hui. »

C’est à cet exercice qu’il conviendrait aujourd’hui de s’atteler, c’est-à-dire construire l’avenir plutôt que de cultiver la nostalgie d’un passé révolu.

Quelques  propositions à mettre en débat

Après de trop longues années de polémiques et de débats stériles, la France commence progressivement à se reconnaître comme un pays d’immigration qui s’assume et à en tirer toutes les conséquences. Devenue  plus  diverse au plan ethnique, culturel et confessionnel elle devrait maintenant se donner comme objectif d’ « intégrer mieux » plutôt que de continuer à « assimiler mal ». A cet effet il faut « démocratiser » et « décoloniser » la République et accepter de travailler spécifiquement sur quelques « sujets qui fâchent » dont on ne peut plus faire l’économie.

A titre indicatif, et non exhaustif, les propositions suivantes pourraient être mises en débat :

Construire une politique d’ « accommodements raisonnables » à la française

  • Qu’est ce que c’est « être français » dans une société de diversité croissante ?
  • Trouver un équilibre entre valeurs communes et valeurs particulières
  • Proposer au pays un pacte civique du « vivre ensemble »

Ouvrir une réflexion approfondie sur les questions de mixité sociale et de mixité ethnique

  • Au niveau de l’habitat (Éradiquer les ghettos ou gérer les ghettos?)
  • Au niveau de l’école (Comment gérer les écoles ethnicisées ?)
  • Au niveau de l’emploi (Faut il envisager des mesures de discriminations positives ?)
  • Au niveau de la vie sociale et politique (Faut il imposer des quota pour les minorités ethniques ?)

Aborder de front la question de la sur-délinquance des jeunes d’origine maghrébine et africaine sub-saharienne

  • Comment créer des réseaux communautaires d’entraide entre parents d’une même communauté (maghrébins, africains, etc.) ?
  • Comment faire de la prévention précoce sans stigmatiser ?
  • Peut on monter des programmes adaptés pour les jeunes les plus en rupture issus des minorités ethniques ?

Ouvrir une réflexion sans tabou sur les relations entre la police et les minorités ethniques

  • Les contrôles d’identités à répétition, nécessairement humiliants, ont ils une réelle utilité en matière de lutte contre la délinquance ? Pourrait on en réduire la fréquence ?
  • Comment  former les forces de police au travail en milieu pluri ethnique ?
  • Comment développer la mixité ethnique dans les corps de police sans en faire de nouveaux harkis ?

Revoir la politique de la ville en rééquilibrant  les actions de développement social par rapport aux actions sur le bâti (s’intéresser plus aux gens et moins au bâti)

  • Comment aider les habitants à s’organiser et à se prendre en charge, leur redonner confiance, pacifier leurs relations avec les institutions (école, organismes sociaux, etc.) ?
  • Réhabiliter le rôle des parents maghrébins et africains (apprendre aux enseignants et  aux travailleurs sociaux à travailler avec eux)
  • Recentrer la politique de la ville sur « l’éducation » des jeunes (maîtrise du langage, civilité, comportement, etc.) par rapport aux actions de « pacification » (médiation)

Réhabiliter le fait communautaire

  • Réfléchir à un bon usage des « communautés » dans les processus d’intégration (intégrer ce n’est pas assimiler)
  • Mieux prendre en compte des liens  communautaires, ethniques et  culturels,  pour freiner le développement du communautarisme religieux -Former les acteurs sociaux (enseignants, éducateurs, etc.) à la problématique du développement et du travail social communautaire

Accepter le fait religieux comme facteur d’intégration

  • Conforter un islam de France (reconnaître sans naïveté le rôle social des mosquées, organiser des partenariats avec les associations musulmanes non intégristes, etc.)
  • S’intéresser aussi au rôle social et éducatif des églises évangélistes en direction des populations, d’origine africaine, non musulmanes.

A propos Jean-Claude Sommaire

Administrateur civil honoraire, Jean-Claude Sommaire, qui a été secrétaire général du Haut Conseil à l’intégration, est engagé dans divers réseaux de réflexion sur les questions liées à l’immigration et à la crise du « modèle français d’intégration ». Il préside actuellement le Conseil technique de la Prévention spécialisée et il est l’auteur d’un rapport intitulé « La prévention spécialisée à l’heure de la diversité culturelle : état des lieux, questionnements, initiatives, projets innovants en matière de développement social communautaire ».

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