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Texte d’orientation Présenté au colloque du 25è anniversaire de Démocratie & Spiritualité des 2 & 3 février 2019

Texte d’orientation

Présenté au colloque du 25è anniversaire de Démocratie & Spiritualité

 Il y a vingt-cinq ans, D&S a été créée par un certain nombre d’acteurs engagés dans la vie civique et sociale pour répondre, notamment, à la nouvelle donne résultant de l’effondrement du système communiste totalitaire, entrainant avec lui celle d’une utopie émancipatrice dont il avait été, malgré tout, porteur pour beaucoup. Une charte fondatrice de l’association exposait les espoirs et les craintes de ses membres vis-à-vis d’une situation totalement nouvelle, à la fois riche de promesses mais aussi lourde de menaces. Dans ce contexte, les fondateurs invitaient notamment notre société à un double effort d’approfondissement de l’exigence démocratique et de renouvellement spirituel.

A l’occasion de son 25ème anniversaire, D&S a souhaité proposer un texte d’orientation à ses adhérents, à ses sympathisants et à ses partenaires pour en débattre avec eux.

 

I – Des défis écologique, socio-économique, politique constituant des enjeux de civilisation

 L’effondrement de l’URSS, à la fin du siècle dernier, a mis un terme aux tentatives de rupture avec le capitalisme par une appropriation publique des moyens de production et d’échanges censée mettre fin à l’exploitation de l’homme par l’homme. Une économie de marché régie par le néo-libéralisme et par l’omniprésence de la finance s’est partout imposée en façonnant une mondialisation mal régulée, dominée par les plus riches et les plus forts ; ce qui répartit de manière inégalitaire les gains incontestables qu’elle procure. Même si les conditions de vie matérielles se sont considérablement améliorées depuis les années 1970 et même si des classes moyennes sont apparues dans les pays émergents, ces dernières se sentent aujourd’hui menacées dans notre pays par un accroissement des écarts de revenus.

Ce qui, lié à une logique de consommation et de croissance continues, conduit, fait planétaire d’une ampleur nouvelle, à des replis nationalistes et à de multiples et rapides dégradations de notre environnement et de nos ressources naturelles.

La prise de conscience de ces défis socio-économiques et écologiques sans précédent a été jusqu’à présent insuffisante, à la fois de la part des gouvernements, de l’Europe, et d’une grande partie de l’opinion publique, et ne s’est pas traduite par la construction de réponses à la hauteur des enjeux. Cette situation inquiétante interroge la capacité de notre civilisation à affronter un changement d’époque dans laquelle elle peine à maîtriser les conséquences des mutations en cours. Malgré le récent succès, dans une partie minoritaire des populations, des marches citoyennes pour le climat, notre civilisation ne parvient pas à faire face au changement radical de priorité imposé par une menace climatique longtemps apparue comme lointaine et diffuse. Tandis qu’une proportion importante des citoyens est aujourd’hui surtout sensible aux injustices sociales et au fait que les décisions prises aggravent la situation des moins favorisés. Nous sommes déjà dans l’accroissement des conflits que pouvaient faire craindre l’existence d’inégalités criantes et l’immaturité dans la conduite des changements climatiques.

Ce qui suppose de mettre au centre de l’action publique la préservation de l’habitabilité de la planète dans des conditions compréhensibles et justes pour tous.

S’y ajoute un défi politique, celui du renouveau de notre démocratie qui souffre d’un épuisement moral, étant donné ses défaillances et sa décrédibilisation, due notamment à sa difficulté à allier efficience, cohérence, cohésion sociale et implication citoyenne. Enfin, s’ajoute le bouleversement radical introduit dans la communication par internet et les réseaux sociaux. Ce qui risque de conduire à un monde individualiste hyperconnecté où les corps intermédiaires, les médias et les gouvernants seront encore plus déstabilisés.

En un mot, l’époque actuelle se montre jusqu’à maintenant incapable de relever ces trois défis, d’où un malaise croissant dans notre pays et en Europe. Riche de promesses par nos capacités à échanger et à innover, mais lourd de multiples incertitudes, l’avenir s’avère difficilement lisible. Présent et futur exigent donc des approches novatrices, tenant compte de l’expérience historique accumulée et de la conscience de ces défis inédits.

Devant cette crise multiforme, la question « comment orienter nos efforts pour construire ensemble un futur désirable ? » se pose en des termes nouveaux.

 

II – Spiritualité et démocratie, sources d’un vivre ensemble plus humain

Notre conviction est que ce changement de paradigme implique un approfondissement à la fois spirituel, démocratique et éthique1. Ceci devrait conduire notamment à approfondir le lien entre politique et religion, tradition et modernité, et surtout à rechercher une nouvelle culture humaniste reliant harmonieusement le corps, la psyché et l’intellect.

II.1 – La spiritualité2, une ressource pour aujourd’hui et demain, dans un contexte français complexe

Pour les personnes qui s’y réfèrent, la spiritualité est une dimension de la condition humaine ; c’est un souffle de vie qui remonte aux origines de l’humanité. Elle est souvent liée au questionnement existentiel et/ou philosophique « d’où je viens, qui je suis, où je vais ? », à une recherche d’identité et d’intériorité, à des valeurs comme le respect de la vérité, la justice et la fraternité, ou encore à une référence religieuse.

Elle est souvent liée à la reconnaissance de la beauté du monde, aussi imparfait qu’il soit ; elle est pour beaucoup source d’espérance. Chacun, à partir d’un point de départ ou d’un autre, peut tracer son chemin intérieur et trouver une inspiration pour se relier à lui-même, aux autres, à la nature, à l’universel.

Une différence qui peut faire clivage, exprimé ou non, existe entre ceux qui pensent qu’une spiritualité sans Dieu et/ou sans transcendance n’est pas solide, et ceux qui, athées ou agnostiques, estiment pouvoir vivre une spiritualité sans recourir au divin et/ou au transcendant. Constatant que les religions instituées ne sont pas propriétaires du spirituel et que, dans le contexte d’une société en perte de sens, au sein de laquelle l’indifférence au religieux et le flou du rapport au spirituel deviennent majoritaires, Démocratie & Spiritualité souhaite réunir, dans un esprit de tolérance, les chercheurs de sens, soucieux d’agir dans la société.

Notre histoire récente, en Europe et surtout en France, est partagée entre, d’une part, la valeur d’attraction du mot « spiritualité », thème de nombreux livres et colloques, tout comme le regain d’intérêt, en particulier chez certains jeunes urbains, pour des pratiques telles que la méditation. Et d’autre part, l’indifférence, le rejet ou le scepticisme de beaucoup d’autres. Alors que l’économie et la société tendent vers le « tout marché », le besoin de donner du sens à sa vie et de promouvoir son développement personnel occupe le devant de la scène. Parallèlement, les religions instituées sont tiraillées entre la tentation de se replier sur elles-mêmes et l’effort pour adapter leur message à un monde qui change.

Notre histoire reste cependant marquée par une forme de pudeur qui conduit beaucoup à considérer la spiritualité ou la religion comme un sujet intime difficile à exprimer. Comme si la laïcité était offensée par celui qui mentionnerait sa spiritualité ou une conviction religieuse, alors qu’il n’en est rien puisque la laïcité reconnaît la liberté d’expression et la liberté de conscience. C’est l’une des séquelles de l’histoire compliquée des relations entre l’Etat et les religions dans notre pays.

 

II.2 – La démocratie, une démarche continue et interactive à promouvoir

La démocratie est un bien précieux. Il faut l’affirmer, même si les démocraties paraissent souvent balbutier et même si certaines d’entre elles ne masquent plus leur préférence autoritaire. Mais qui connaît les ravages des totalitarismes, qu’ils soient politiques ou religieux, sait le prix de la démocratie. Le passage par le débat public, que ce soit au moment des élections ou lors des débats organisés et parfois improvisés, est un enrichissement indéniable des processus de décision, d’adhésion et une condition du respect des personnes.

La référence à la devise de la République avec ses composantes de liberté, égalité, fraternité est profondément inspirante pour beaucoup. Mais, quelle liberté s’il n’y a qu’individualisme sans souci du bien commun, revendications sans dialogue ? Quelle égalité quand des formes de pauvreté et d’exclusion apparaissent et s’installent au risque de se banaliser ? Quelle fraternité si la justice sociale et écologique fait défaut et si l’anonymat des relations se développe ? Si elles sont prises au sérieux, ces valeurs peuvent inspirer des initiatives locales, citoyennes, professionnelles ou associatives, qui contribuent résolument à la mise en place et à l’essaimage des changements nécessaires. La devise républicaine est un bon guide pour les politiques nationales. Mais, elle ne saurait ignorer que l’élection de ses représentants ne suffit plus pour accomplir la démocratie, et que la conception et la mise en œuvre des politiques publiques ne peuvent être réservées uniquement à l’Etat central et ses institutions. La démocratie doit être continue et interactive pour faire droit à la demande d’écoute, de considération des citoyens, et à leur aspiration à l’implication réelle dans la décision politique et sa mise en œuvre. Des pratiques en ce sens existent déjà en France ou ailleurs et ouvrent la voie. Elles peuvent aider à trouver de nouveaux équilibres entre démocratie représentative, implicative et directe.

Démocratie et Spiritualité a participé, avec d’autres associations partageant les mêmes valeurs, à la création du Pacte civique. Celui-ci invite à « Penser, agir, vivre autrement en démocratie »3, en cultivant, aux plans personnel, collectif et institutionnel, les valeurs de créativité, de sobriété, de justice et de fraternité4, qui sont démocratiques et spirituelles tout à la fois. Nombre de ses membres s’y sont engagés.

Mais beaucoup reste à faire pour rehausser la qualité de notre vie démocratique et inspirer les mutations nécessaires de notre civilisation.

Inventons les voies pour que des spiritualités et des citoyennetés vécues enrichissent nos pratiques individuelles et collectives. Osons confronter nos idées, nos idéaux, nos croyances et nos convictions, pour susciter, dès la scolarité, une société apte à la délibération. Faisons surgir à nouveau des éclaireurs comme l’ont été, en d’autres temps, des spirituels démocrates comme Gandhi et des démocrates spirituels comme Jaurès et Mandela. Contribuons à générer une civilisation porteuse d’une vision et d’idéaux qui parlent aux générations futures.

 

II.3 – Une fécondation réciproque entre spiritualité et démocratie

Pour être féconde, la relation entre démocratie et spiritualité passe par leur différenciation (qui permet de sortir de l’évitement et du déni), leur capacité de dialoguer ensemble (grâce à des passerelles à inventer ou affiner), et la reconnaissance de leur fonction réciproque de garde-fou : le jeu démocratique fait barrage à la tentation intégriste inhérente à toute forme de spiritualité dès lors qu’elle se structure, tandis que la spiritualité (dans la diversité de ses sources et de ses formes) rappelle la démocratie à son idéal et à ses promesses.

A titre d’exemples, D&S reconnaît plusieurs impacts favorables de la spiritualité sur la vie démocratique :

La conscience de la vulnérabilité humaine, comme celle de notre terre ;

le travail sur soi, la conversion personnelle et la production de normes comportementales comme la bienveillance, la compassion, l’ouverture aux autres, d’aussi loin qu’ils viennent ; l’attention apportée aux plus fragiles, à tout ce qui est vivant, à la distinction entre la personne et ses actes ainsi que la possibilité du pardon ; la délégitimation de la logique victimaire, celle du bouc émissaire ; et un ensemble de valeurs humanistes qui conduisent aux droits de l’Etre humain, repères éthiques pour la communauté humaine, à mettre en tension avec les lois et usages de chaque nation.

Inversement, D&S reconnaît de nombreux effets positifs de la démocratie sur la spiritualité et les institutions religieuses. Ainsi, à titre d’exemples : la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire), la création d’institutions étatiques non

confessionnelles ; la tolérance à l’égard des différentes convictions, croyances ou religions, le refus de l’anathème, le pluralisme culturel et religieux au sein de la laïcité ; la légitimité de l’action politique pour construire des institutions et des dispositifs qui protègent la liberté, tendent vers l’égalité entre les hommes et les femmes, stimule une fraternité sans exclusive ; ceci interroge la fréquente dissymétrie entre les responsabilités confiées aux femmes et aux hommes dans les institutions religieuses ; la non-exclusion d’autrui pour des raisons religieuses ;

la diffusion de l’éducation, de la connaissance et de la culture. D’ailleurs, les religions ne gagnent-elles pas toujours à associer leur enseignement à une ouverture à la culture générale qui permet d’en comprendre le sens ?

 

III – Des pistes de travail pour la réflexion et l’action de Démocratie& Spiritualité

D&S doit conserver l’orientation d’une double émulation du démocratique par le spirituel et du spirituel par le démocratique. Il est proposé que notre association maintienne à la fois son implication forte dans la vie démocratique et son investissement sur les questions spirituelles, et travaille davantage à leur liaison et à leur fécondation mutuelle, vu leur importance pour construire notre monde futur.

 

III.1 – Poursuivre le travail sur les grands enjeux de nos sociétés et la manière dont ils sollicitent les citoyens soucieux du spirituel

Démocratie et Spiritualité doit continuer à s’intéresser aux sujets de société. Ce qui permet de donner à ses membres ouverture sur d’autres personnes, matière à réflexion et souvent matière à action ou expression publique, comme cela a été le cas pour la Commission Stasi (2004) et la fin de vie (2018).

Ce colloque est une occasion de s’ouvrir à des relations suivies avec plusieurs associations sur des questions de société, de spiritualité et d’articulation entre ces deux pôles qui pourraient être traités en priorité.

 

III.2 – Contribuer à la compréhension des spiritualités, des religions et de la laïcité, comme de leur évolution, dans les services ou lieux publics, notamment à l’école, à l’hôpital et à l’université.

Les risques liés au développement de courants fondamentalistes sont réels. La forte diminution des pratiques religieuses régulières en France est bien connue. Au-delà de ces deux tendances, les niveaux d’information et de culture sur les faits religieux sont très inégaux, ce qui peut favoriser les stéréotypes et les discriminations.

Une bonne connaissance de l’évolution des faits religieux et des courants spirituels est donc un objectif important. D&S peut y concourir : par son site, en diffusant réflexions et connaissances et par l’organisation de rencontres et de débats.

La laïcité ne peut être vivante que si la réflexion et les débats qui la concernent sont eux-mêmes vivants, conjuguant notamment l’action des organismes publics (Observatoire de la laïcité, etc.) et de tous ceux qui estiment qu’en associant liberté de conscience et reconnaissance des faits spirituels et religieux, elle fait partie intégrante de notre démocratie.

La nécessité pour l’école de contribuer à mieux faire connaître les faits religieux a été analysée par le rapport de Régis Debray au ministre de l’Education nationale en 2002 ; il a permis d’engager l’évolution des programmes scolaires. Cette connaissance évolue, mais trop lentement, en raison notamment de la réticence des enseignants, lesquels se trouvent souvent en insécurité culturelle et pédagogique. Les solutions passent par la mise à disposition de ressources plus larges pour la formation des enseignants selon des modalités à définir, inventer et relayer. L’enseignement du fait religieux peut aussi être fait ailleurs qu’à l’école ou l’université : dans l’éducation populaire, dans d’autres associations et lieux qui incluent les parents. D&S propose de réfléchir avec ses partenaires aux ressources de sens que l’humanité a fabriquées au cours de son histoire.

 

III.3 – Promouvoir la dimension spirituelle dans la vie de D&S

D&S à sa fondation n’avait pas pour objectif d’accompagner spirituellement ses membres, sa charte déclarant que notre association « n’est ni un embryon de parti politique, ni un lieu de ressourcement spirituel ». Au cours de son histoire, la spiritualité a cependant pris une place croissante dans ses activités, lors des universités d’été, dans des groupes locaux appelés « fraternité » ou « cheminement », dans notre Lettre, dans nos réunions conviviales. Des temps spirituels et des espaces de silence ont été introduits, mais de façon souvent encore trop superficielle, tandis que nos méditations interspirituelles ont été interrompues.

Il est naturel que, pour beaucoup d’entre nous, les lieux de pratiques spirituelles soient extérieurs à D&S.

Mais il est aussi important que notre association puisse mettre en œuvre une démarche propre, accordant une attention plus grande à la quête spirituelle de ses membres. Ce que l’on recherchera, notamment en promouvant l’écoute, l’expression et le partage d’une parole porteuse de sens et d’éthique. En la matière, il s’agit de vivre et partager nos cheminements spirituels dans nos groupes d’appartenance et à D&S. A cet effet, notre association pourrait créer d’autres groupes « cheminement », organiser des témoignages « ailes et racines » (permettant aux personnes d’expliciter leurs sources et leurs vocations), continuer à proposer parmi ses réunions « conviviales » la lecture d’auteurs religieux, mais aussi créer des groupes d’approfondissement des œuvres spirituelles, etc. Eventuellement, réfléchir à l’équivalent d’une « règle de vie » : que signifie, aujourd’hui, vivre pleinement en acteur démocrate et spirituel ?

 

III.4 – Approfondir et cultiver le « & » de Démocratie & Spiritualité

Le « & » de Démocratie et Spiritualité caractérise l’association et fait son originalité. Approfondir les interactions entre démocratie et spiritualité, c’est ce à quoi doivent tendre ses diverses activités. C’est même sa raison d’être et sa singularité. Convenons que ce n’est pas aisé, quand on ne veut ni se contenter d’une simple juxtaposition, ni confondre les domaines, ni les séparer de manière étanche, mais les fertiliser l’un par l’autre. Il n’y a pas de solutions toutes faites, c’est une recherche permanente, intranquille, suivie de réalisations nécessairement imparfaites. Mais c’est le sens de l’effort proposé aux membres de l’association, dont on peut espérer qu’il participe, même modestement, à l’évolution des mentalités dans la société.

La démocratie a besoin de leaders politiques et de décideurs d’entreprises animés d’une éthique d’engagement partagée par les citoyens, suscitant la confiance réciproque au lieu de l’actuel consumérisme, sapant toute vision à long terme de la politique. Elle a aussi besoin de fonctionnaires animés de ce que l’éthique du service public peut avoir de meilleur.

Le « & » constitue une éthique personnelle de comportement qui s’exprime à travers des paroles, des attitudes et des actes envers les autres, dans le quotidien.

Le lien démocratie/spiritualité se vit aussi dans le fonctionnement des organisations et institutions. Et cela particulièrement dans les périodes de crise où les voies de transformation de la violence en action constructive passent par un fort investissement dans le partage, l’écoute réciproque et la création de nouveaux vecteurs d’échange aptes à se structurer et se pérenniser. Le Pacte civique peut être considéré comme un terrain d’implication et d’invention possible. Bien d’autres engagements associatifs peuvent être vécus dans le même esprit.

Plus généralement, cette réconciliation passe par un certain nombre de pratiques qui ont été répertoriées par l’association et méritent d’être valorisées, perfectionnées et diffusées :

  • Interpeller et soutenir sur le plan spirituel les personnes en responsabilité, pour éviter que le pouvoir devienne un but en soi ;
  • Pratiquer l’éthique du débat, qui suppose un effort, un temps suffisant et une écoute réelle de la parole de l’autre, obligeant parfois à revoir des convictions ou pratiques pourtant bien ancrées ;
  • Se former et mettre en pratique les méthodes de la non-violence active tant pour dire/exprimer les conflits cachés, sources de violence latente ou manifeste, que pour les résoudre dans toute la mesure du possible par la discussion ;
  • Promouvoir et soutenir les actions concrètes de lutte contre les diverses formes d’exclusion et d’injustice.

* * *

1 C’est à dessein et par souci de sobriété rédactionnelle que nous ne développerons pas ici cette dimension importante.

2 Sur la base d’un questionnaire préparatoire à son 25è anniversaire, les adhérents de D&S reconnaissent à la spiritualité les traits suivants : le respect de la personne humaine et de toute la création, les valeurs de justice et de solidarité, le rapport à l’altérité et au cosmos, la transcendance (le lien avec ce qui nous dépasse), le dialogue entre l’humain et le divin, l’ouverture à tous les chercheurs de sens.

3 Titre du livre du Pacte civique paru en 2012 aux éditions Chronique sociale : Penser, agir, vivre autrement en démocratie.

4 Les membres du Pacte civique sont appelés à mettre en œuvre ces valeurs sur trois plans simultanément : dans leur vie personnelle, dans leurs activités au sein des communautés, des collectifs ou organisations dont ils font partie, et en tant que citoyens susceptibles d’agir au niveau de l’Etat et de ses institutions. 32 engagements sont proposés à cet effet

< http://www.pacte-civique.org/>

 

A propos Régis Moreira

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« La vie spirituelle se vit à travers un engendrement permanent. En cela, elle a quelque chose à voir avec la démocratie. Celle-ci désespérera toujours les nostalgiques de la sécurité des systèmes clos, car elle laisse toujours ouverte la question de la vérité et donne place en son sein à une opposition, au lieu de la rejeter dans le non sens. La démocratie, comme la spiritualité, ne vit que de la responsabilité de chacun par delà ses enracinements nationaux, raciaux culturels ou religieux. »

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