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Coexister

Coexister

Coexister. Quel beau projet !  Co-Exister, c’est à dire exister avec l’autre, grâce à l’autre, et pas seulement « vivre ensemble », ou côte à côte, juxtaposés en somme.

Exister d’abord, et pas seulement vivre ou être. Une existence qui dépasse, qui va au-delà même, qui transcende peut-être, notre simple vie biologique. Mais exister, et pas seulement être, cette conséquence du cogito cartésien ; ou même pas seulement être là, ici et maintenant, dans son acception et ses dérives heideggériennes. Cette existence, qui, pour les plus existentialistes d’entre nous, précède l’essence ou qui, pour les autres, doit se montrer digne de l’essence qui la précède.

Mais Co-Eexister aussi. Car quels que soient les postulats ou les postures métaphysiques, dans lesquels risquent toujours de se ramener les mystiques et spiritualités, dans ces exclusions mutuelles qui séparent et ségréguent, porteurs de violences, exister ensemble, et même mettre en commun nos existences, pour faire de chaque humain une part d’une humanité qui ne soit ni un tout totalitaire, ni une collection d’individus séparés et isolés. Ces deux tentations de notre époque, holiste réductrice d’individualité d’un côté, ou individualiste émancipée de toute référence à l’Autre, comme dans toutes les époques de crise.

Coexister, c’est le nom qu’il y a un peu plus de dix ans et avec quelques amis, Samuel Grzybovski a choisi pour créer un nouveau mouvement de jeunesse qui permette à des adolescents et des jeunes adultes de se rencontrer sur le terrain de la diversité de leurs convictions, religieuses ou non. Se rencontrer au-delà de la laïcité, cette laïcité qui, en laissant à chacun le droit d’avoir une religion, ou de ne pas en avoir, ou encore d’en changer, permet cette rencontre, mais ne l’organise pas.

Car le dialogue inter-convictionnel[1], un des thèmes que nous avons mis, comme la laïcité[2] à l’ordre du jour de nos travaux, ne se confond pas avec elle. Celle-ci permet celui-là, mais la laïcité, concept juridique, exige la neutralité de la puissance publique sur les convictions, alors que le dialogue, concept philosophique, exige l’écoute et le partage.

C’est à cette rencontre avec Samuel qu’est consacré le dossier de ce numéro. A cette rencontre et à Coexister qui, au-delà des différences de générations fortement ressenties lors de cette soirée conviviale du 14 octobre, rejoint l’intuition de D&S il y a vingt-cinq ans : la spiritualité comme dimension essentielle de l’existence & la démocratie comme ciment de cette communauté de personnes désormais élargie aux dimensions de la planète.

 

Jean-Baptiste de Foucauld,  Daniel Lenoir

 

[1] Thème « laïcité et spiritualité » animé par Sébastien Doutreligne

[2] Thème « dialogue inter-convictionnel » animé par Michel Ray

A propos Régis Moreira

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