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Dossier Lettre n°174 – Rencontre avec Jean-Baptiste de Foucauld

Intervention de Jean-Baptiste de Foucauld ans l’auditorium de l’AG2R, le 12 septembre 2020.

Après l’assemblée générale qui s’est tenue le matin, nous avons donné la parole à Jean-Baptiste pour évoquer son parcours de vie, ses engagements, sa spiritualité.

Il a vécu son enfance dans un milieu privilégié, très influencé par la religion chrétienne, où la place de la nature, de la campagne et des animaux était importante. Il était animé très tôt par une aspiration forte à la rencontre avec les autres, besoin amplifié par son statut de fils unique et sa conscience vive des injustices sociales.

Sur le plan spirituel, après avoir évoqué la crise profonde qu’il il a traversée pendant sa jeunesse, il a précisé son idée de Dieu, de l’omniprésence du divin dans l’univers, la place essentielle de la gnose et du dialogue métareligieux.

Grand lecteur de romans, Jean-Baptiste a cité Dostoïevski, La Condition humaine, de Malraux Les Mots de Sartre. Parmi les lectures déterminantes, celle de Jacques Maritain qui a réconcilié à ses yeux le christianisme et la démocratie, et celle du philosophe gnostique Raymond Abellio, dont la pensée était audacieuse en politique comme dans le domaine moral. Éclectique et ouvert, Jean-Baptiste s’est nourri aussi bien de LaBhagavad Gîta, texte majeur de l’hindouisme, du Tao Te King de Lao Tseu, très proche selon lui de l’Ecclésiaste, que de L’homme intérieur et ses métamorphoses de Marie-Madeleine Davy, ou Pour un christianisme de création et de liberté, de Nicolas Berdiaev.

Parmi les figures spirituelles qui l’ont marqué, le père Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart-monde, qui a participé à l’élaboration de SNC.

Les premiers engagements politiques de Jean-Baptiste remontent à ses études à Sciences Po, au début des années 60, avec son adhésion au MRP. Il a poursuivi sa réflexion et sa démarche politique avec la création du groupe Spiritualité et politique en 1973.  La personnalité de Jacques Delors, qui possède « les qualités du grand homme » selon Max Weber, l’a marqué.

Se définissant comme animé par un double besoin d’action et de spiritualité, la seconde devant nourrir la première, il a mis l’accent, dans une seconde intervention, sur les 5 points suivants, plus particulièrement destinés à D&S :

– La nécessité d’un « équipement spirituel » pour l’exercice des responsabilités, quelles qu’elles soient, sous forme d’une règle de vie personnelle, d’une part, et, d’autre part, d’un travail régulier de recherche personnelle, de dialogue avec des pairs, d’ancrage dans une tradition et d’ouverture aux autres traditions[1] ;

– La constatation que le politique et le religieux constituent en quelque sorte un « couple infernal », qui ne peut ni divorcer, ni fusionner, doit accepter un vivre ensemble difficile à équilibrer, car tenté en permanence par l’instrumentalisation de l’autre, instrumentalisation qui est contraire à la démocratie ;

– L’idée que la spiritualité peut irriguer l’action, car face à une difficulté, à un défi, elle est une composante possible de la réponse, par le don et le partage, à côté de la force, qui impose, et de la technique et de l’ingéniosité, qui réduisent le niveau d’intensité du problème ;

– Le progrès qui résulterait d’ajouter à la vision politique de la démocratie une finalité spirituelle de celle-ci : pour que l’égale souveraineté de chaque citoyen soit effective, il faut que chacun ait été mis en situation de pouvoir donner le meilleur de lui-même, ce qui suppose que les relations intersubjectives soient orientées dans ce but ;

– Le besoin de mobiliser d’importantes ressources spirituelles pour faire face aux nouveaux défis qu’affronte notre humanité ; le terrain bouge beaucoup cet égard, mais dispersé quant à ses acteurs, et promouvant une culture de résistance et d’utopie plus que de régulation, il peine à rééquilibrer le système. Les quatre valeurs conjuguées du Pacte civique (créativité, sobriété, justice et fraternité), ses trois niveaux d’engagements (vie personnelle, fonctionnement des organisations, co-construction des politiques publiques), peuvent aider à la transition nécessaire, tout comme D&S qui en est une des sources.

Jean-Baptiste a répondu tout au long de l’après-midi aux nombreuses questions de l’auditoire, limité en raison des circonstances sanitaires à une cinquantaine de personnes dans la salle, une douzaine participant à distance.

Vous trouverez le texte de son intervention sur notre site :http://www.democratieetspiritualite.orgainsi que la vidéo de la seconde intervention.

Belle lecture, nourrissante et stimulante !

Eliane Fremann

 

[1] Le groupe de travail mis en place après le 25ème anniversaire pour explorer cette thématique, et enquêter sur la situation actuelle, animé par Bertrand Parcollet et JB de Foucauld, souhaite se renforcer et a besoin que d’autres personnes le rejoignent.

A propos Régis Moreira

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