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La maladie du christianisme – l’apport de Jung à la foi – John P. Dourley

Note de lecture de Guillaume Cruse parue dans la Lettre D&S n°178 Janvier  2021 à propos du livre de John P. Dourley: « La maladie du christianisme – l’apport de Jung à la foi ».

John P. Dourley (JPD) est Canadien anglophone, prêtre catholique et psychanalyste jungien. Il est très familier de l’épaisse production écrite de Carl Gustav Jung (CGJ). Celle-ci n’est pas encore intégralement traduite en français, ce qui révèle la frilosité de nos psychanalystes et philosophes francophones à l’égard de cet auteur pourtant essentiel.
Dans cet ouvrage, JPD analyse, au travers des écrits du psychiatre suisse allemand la crise actuelle du christianisme. Jung constate la catastrophique perte du sens symbolique de notre religion, pour l’individu comme pour la société ; elle est devenue quasi-exclusivement rationaliste et historisante. Elle n’est plus apte à fournir un accès aux énergies qui renouvellent nos vies et les rendent plus entières. Or le dogme (ou le symbole, ou le mythe, qui sont alors synonymes selon CGJ) qui la fonde possède cette faculté de raffermir et de développer la conscience à partir de l’Inconscient. D’où l’extrême nécessité de plonger dans les racines du christianisme pour en saisir la portée et la comprendre.

Et pour ce faire, CGJ puise dans d’autres traditions religieuses, si parfois dérangeantes pour nos certitudes contemporaines, telles que les gnostiques et les alchimistes. Or tout ceci a de quoi étoffer son ouverture au monde de l’Inconscient. Mais que l’on ne reproche pas à CGJ de ne pas être de son temps. Il a étudié et échangé, par exemple, avec certains grands physiciens sur les conséquences de tout ce à quoi la mécanique quantique ouvrait et qui corroborait nombre de ses analyses psychiques. Ce qui leur donne un « sacré » relief !

Il tente de renouer avec l’Inconscient sur les bases de ce que l’Église catholique romaine a su partiellement préserver. En outre, il est nombre de grands mystiques sur lesquels CGJ s’appuie à cette fin. Pour n’en citer que quelques-uns, il peut s’agir de maître Eckhart, Jacob Boehme, Angelus Silesius, Nicolas de Flue… Ces hommes ont eu une expérience directe des pouvoirs de l’Inconscient. C’est pourquoi CGJ les a étudiés avec une particulière attention, tout en reconnaissant que l’institution ecclésiale a fait souvent, hélas, plus que s’en méfier. Or, ils n’ont cessé de rendre vivant le message chrétien dans notre psyché collective et de faire venir à notre conscience les nécessités les plus secrètes de l’Inconscient et de mettre en valeur que c’est la figure de l’Autre qui nous fonde. Car chaque « moi », aussi limité dans le temps et l’espace soit-il, a accès à la totalité macroscopique à travers le microcosme de son essence individuelle.

Certaines positions de CGJ peuvent paraître contestables et nul n’est obligé d’adhérer en totalité à sa démarche. Mais ce livre de JPD est une incitation à une lecture objective et décomplexée de Jung. Nous pouvons ici reprendre son affirmation : « Nous n’accédons à notre plénitude que dans une expérience intérieure du dialogue divin ». Jung y incite.

Guillaume Cruse

A propos Régis Moreira

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