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7L191: Noor Inayat Khan – l’esprit chevaleresque

Noor Inayat Khan – l’esprit chevaleresque

Née à Moscou en 1914 d’un père indien et d’une mère américaine, de nationalité anglaise, grandie à Suresnes en France, Noor Inayat Khan est de tous les pays.

L’esprit chevaleresque, Noor en a adopté l’éthique exigeante  jusqu’à donner délibérément sa vie. Cet esprit, qui est de tous les temps, lui a été transmis. Son père, Hazrat Inayat Khan. a apporté la sagesse du soufisme en occident  en enseignant un message  universel, ouvert aux chercheurs de toute foi et sur tout chemin.

Son engagement envers la France, pays dont elle a embrassé l’éducation et la culture, Noor l’a manifesté en choisissant avec son frère de servir pour ne pas être complice des agissements allemands et de ne pas tuer par fidélité au principe de non-violence. Cet engagement était au-delà des frontières, au service d’un  idéal de vérité et de liberté. C’est ce mot ‘liberté’ qui fut le dernier prononcé par Noor.

Noor était poète, musicienne, auteur de livres pour enfants. Elle est profondément inspirante et pourtant peu de  personnes ont entendu parler d’elle. Récemment ont été publiés en France Espionne…et Princesse : la vie de Noor Inayat Khan. (avril 2021 ) et aux  Etats Unis Code Name Madeleine: A Sufi Spy in Nazi-Occupied Paris  (juin 1920),  livre nominé pour le prix Pulizer. L’auteur de ce livre, Arthur Magida a  fait une présentation de Noor à la Bibliothèque américaine de Paris en septembre 2021. En voici de larges extraits traduits en français*.

 

Présentation de Noor Inayat Khan faite par Arthur J Magida 

Soixante-dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, vous pouviez penser qu’il n’y a rien de nouveau à apprendre sur ce conflit. Mais il y a.  Il y a encore et toujours. Des millénaires incalculables se sont écoulés depuis l’origine de notre espèce, vous pouviez penser qu’il n’y a rien de nouveau à apprendre sur la nature humaine, le courage humain, la foi humaine. Mais il y a. Il y a toujours.

Par foi humaine, je n’entends pas la foi en un être supérieur, comme le mot  ‘foi’ est le plus souvent utilisé. Mais la foi que nous sommes meilleurs que nos circonstances, que nous pouvons apporter la lumière à un monde qui est devenu sombre et obscur et s’est effondré presque inconsolable sur lui-même.

 

L’histoire de Noor 

Une jeune femme musulmane, Noor Inayat Khan, qui espionnait pour les Britanniques en France occupée, incarnait cette foi pendant la guerre. Petite, humble et non violente par nature et par éducation, Noor a combattu les Nazis avec une ténacité qui a surpris ses responsables au sein de l’exécutif britannique ultra-secret des opérations spéciales et a stupéfié les Allemands qui l’ont finalement arrêtée.  Noor n’a pas développé ces qualités par hasard. Son père, Hazrat Inayat Khan, l’un des maîtres soufis les plus vénérés de son époque, a enseigné : « L’essence du mysticisme est le désir de rendre service à son prochain ». L’arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père de Noor, le Sultan Tipu , un souverain de l’Inde au 18 e siècle qui a résisté au colonialisme britannique, est toujours un héros pour de nombreux Indiens et Pakistanais.  Dans Noor se mêlaient le sang royal, les rudes campagnes militaires et un soufisme hautement concentré et tourné vers le monde.

Noor a été élevée pour éclairer le monde, l’illuminer, ce que signifie  peut-être son nom complet Noor-un-nisa – ‘lumière parmi les femmes’.

Contrairement à de nombreux mystiques, Noor n’était pas orientée pour échapper au monde. Elle l’a servi par «chevalerie», un mot et un concept endémiques aux Soufis Chisti. Même en tenant la Gestapo en échec à Paris en 1943, Noor ne s’écartait jamais de l’éthique exigeante de la chevalerie et de son code : « Ne veux aucun mal à ton pire ennemi. » « Ne néglige pas ceux qui dépendent de toi. » « Ne te ménage pas dans le travail que tu dois  accomplir. ». A Paris, Noor a servi avec altruisme et sans ego. [ …]

Si un soldat armé…
Vivant en face de Paris alors que la guerre éclatait, Noor et son frère Vilayat discutaient avec passion du choix qui les attendait : Noor était enchantée par le Satyagraha de Gandhi  mais devaient-ils rejoindre la lutte contre le fascisme ?  Vilayat dit à Noor : « Si un soldat armé venait chez nous et prenait vingt personnes en otage et voulait les fusiller,  ne serais-tu  pas complice alors que tu aurais eu la possibilité de les tuer (et d’éviter ainsi la mort des otages), et que tu ne l’as pas fait  par fidélité à la non-violence ? Comment enseigner la morale spirituelle sans nous engager tout d’abord dans une action préventive ? Pouvons-nous rester là en nous contentant de regarder ce que font les Nazis ? »

Opérateur radio
Noor ne pouvait pas rester sans rien faire. Après avoir embarqué sur l’un des derniers navires à destination de l’Angleterre, Noor a servi dans le SOE, chargé par Churchill de « mettre le feu à l’Europe » par l’espionnage, le sabotage, la reconnaissance et l’aide à la résistance. En juin 1943, elle a été envoyée par avion en France en tant qu’opératrice radio. En une semaine, après la capture des  autres personnes de sa cellule, elle devenait le seul lien de Londres avec la résistance. Rejetant de nombreuses occasions de s’échapper en toute sécurité, Noor est restée en France, sauvant d’innombrables vies et préparant le terrain pour le jour J, un an plus tard. Arrêtée en octobre, elle a été longuement et inutilement interrogée ; a essayé de s’échapper deux fois puis a été envoyée dans une prison en Allemagne et maintenue enchaînée et isolée pendant dix mois. Emmenée à Dachau, elle est exécutée en septembre 1944. Noor a tout supporté, n’a pas donné la moindre information, seul membre de sa cellule à ne pas avoir cédé. [ …]

 

Biographie d’Artur J Magida

Arthur J Magida a été rédacteur en chef du Baltimore Jewish Times , professeur à l’Université de Georgetown et à l’Université de Baltimore, correspondant collaborateur du Religion & Ethics Newsweekly de PBS , journaliste environnemental pour le National Journal , écrivain/éditeur pour Ralph Nader et consultant pour le Musée de l’Holocauste à Washington.

 

*  lien vers la présentation en anglais  https://jeannekoresalvato.com/arthur-magida-noor-inayat-khan/

A propos Régis Moreira

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