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Éditorial L198 – Amour et pouvoir sont-ils miscibles ou immiscibles ? par Daniel Lenoir

Amour et pouvoir sont-ils miscibles ou immiscibles ?

Merci à Patrick Viveret de nous avoir invité à un débat essentiel, dont cette lettre rend compte dans le dossier du mois et que nous prolongerons lors d’une conviviale le 27 juin.

Bien sûr, Patrick part d’un point de vue chrétien, et plusieurs des réactions publiées dans ce numéro se situent sur le même terrain. Mais la question qu’il pose va bien au-delà de cette tradition spirituelle et même des autres traditions monothéistes, abrahamiques, qu’il évoque aussi dans son papier. C’est la question des rapports entre l’amour et le pouvoir, qui est bien au cœur des préoccupations de Démocratie & Spiritualité : comment concilier, ou articuler, l’aspiration à un exercice démocratique du pouvoir, et l’inspiration d’une adelphité universelle ? Une question qui nous interpelle tous, croyants de toutes obédiences, athées (et Patrick reprend la belle définition qu’a donné Christiane Singer du christianisme comme « athéisme aimant ») ou agnostiques.

« Qu’importe comment s’appelle, cette clarté sur leur pas », qu’on l’appelle Dieu, ou qu’on refuse la nommer, c’est cette quête qui nous anime. Elle nous conduit à faire, comme Pascal, la distinction entre « l’ordre de la charité » (qu’on pourrait identifier à la dimension spirituelle de l’humanité) et « l’ordre des corps », l’ordre du politique car « rien n’est plus matériel, rien n’est plus physique, plus corporel que l’exercice du pouvoir ». C’est le fameux « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » du rabbi Yeshoua (ישוע) et qui fonde notre combat pour la laïcité et contre les dérives totalitaires, théocratiques, qui menacent toutes les religions, mais on le sait aussi, l’athéisme.

Y a-t-il, pour reprendre l’expression de Pascal, « une distance infinie » entre ces deux ordres, ou, pour le dire de façon plus contemporaine, une contradiction insurmontable entre la radicalité de l’option pour l’amour et le pragmatisme machiavélien de l’exercice du pouvoir. Ou faut-il, comme nous y invite Max Weber, faire dialoguer les deux éthiques, « l’éthique de conviction » et « l’éthique de responsabilité ». Ce n’est pas l’objet d’un édito qui invite au débat de le trancher, mais juste de vous inviter à y participer.

 

Daniel Lenoir, président de Démocratie & Spiritualité

A propos Régis Moreira

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