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10L204: Écrire, plaisir et ardente obligation ? par Jean-Claude Devèze

Jean-Claude Devèze, le 2 mars 2024

 

Écrire, plaisir et ardente obligation ?

 

Dans la lettre de D&S, nous partageons des écrits de ceux qui aiment mettre en commun réflexions, émotions, informations, ce qui alimente des cheminements personnels et des interactions collectives. Réfléchissant à mes contributions à cette lettre dont je me suis occupé avec le bureau et des relectrices pendant plusieurs années, je me suis interrogé sur pourquoi j’aimais y écrire.

Rédigeant de nombreux rapports de mission, d’évaluation et de proposition à l’Agence française de développement (AFD), je m’étais posé la question de changer de travail pour partir moins souvent à l’étranger. J’avais alors obtenu de faire un bilan de compétence où je me retrouvais en présentiel à pouvoir réfléchir avec six ou sept autres personnes s’interrogeant sur leur avenir. La conclusion fut pour moi que je devrais me lancer dans des écrits plus ambitieux. C’est ce que je fis avec l’appui de l’AFD publiant chez Karthala en 1996 Le réveil des campagnes africaines et en 2008 Défis agricoles africains, un ouvrage collectif que j’avais dirigé.

Mon engagement à D&S et au Pacte civique m’ont ensuite conduit à vouloir partager les résultats de nos expériences et de nos réflexions avec l’aide de Chronique sociale. Ce fut d’une part des travaux collectifs comme le petit livre bleu de lancement du Pacte civique Penser, agir, vivre autrement en démocratie en 2013 et, avant l’élection présidentielle de 2017, Relever le défi démocratique face à un monde en mutation coécrit avec Jean-Baptiste de Foucauld et Pierre Guilhaume, d’autre part quatre ouvrages personnels (1) ; mon prochain essai, en librairie fin mars, s’intitule Coconstruire un devenir commun.

Un ami jésuite m’avait mis en garde contre trop d’écrits où les auteurs se contentaient de « pisser du jus ». Le plaisir d’écrire ne suffit pas : encore faut-il avoir quelque chose à partager et à défendre en s’efforçant de le faire clairement. Ce n’est pas à moi de juger si ce que j’écris en vaut la peine et contribue à coconstuire notre devenir commun. Par contre, ce dont je suis sûr, c’est qu’écrire m’aide à faire l’effort d’approfondir le sens de ce qui m’interpelle et de ce dont nous débattons ; ceci favorise les interactions entre mes transformations personnelles et les transformations collectives dans lesquelles je suis impliqué. Encore reste-t-il à rester cohérent entre ce que nous disons et écrivons et ce que nous faisons !

 

1/  Citoyens, impliquons-nous (2015), Pratiquer l’éthique du débat (2018), Vers une civilisation-monde alliant culture, spiritualité et politique (2020), 12 enjeux pour un devenir commun (2022).

A propos Régis Moreira

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