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14L215: Jacques Delors ou les paradoxes du personnalisme par Daniel Lenoir

Jacques Delors ou les paradoxes du personnalisme

Le 4 décembre Démocratie & Spiritualité a, avec cinq autres associations (Les amis d’Emmanuel Mounier, Esprit civique, Le Pacte civique, Les Poissons roses et LVN-La Vie Nouvelle) et deux revues (Esprit et France Forum), organisé une rencontre avec Fabrice Larat, chercheur à l’INSP (Institut national du service public, ex-Ena), autour de « Jacques Delors et le personnalisme : les fondements d’un rapport singulier à la politique » . Le titre d’un des chapitres de l’ouvrage consacré à cet « intellectuel autodidacte » et qu’il a coordonné avec Michel Mangenot : Jacques Delors : les paradoxes d’un homme d’État européen.

Discutant dans ce débat, avec Anne Lorraine Bujon et Jérôme Vignon, j’ai évoqué dans mon propos trois moments vécus avec Jacques Delors. D’abord un moment « Vie nouvelle », en 1986, lors du voyage du secteur politique à Bruxelles que Fabrice Larat évoque d’ailleurs dans son texte. Nous étions un petit groupe à déjeuner avec lui. J’ai le souvenir de trois propos qui sont restés gravés dans ma mémoire : sur l’Allemagne, « Il faut arrêter de demander aux allemands de passer à la blanchisserie » ; sur ses relations avec Michel Rocard sur lesquelles nous l’avions interrogé : « Il faut qu’il arrête de se faire conseiller par des marchands de cravates » ; sur sa candidature éventuelle à la présidentielle : « Mitterrand il peut y avoir des morts dans le pays, il dort la nuit » (sous entendu, « moi non »). Je rappelle que sur ces deux sujets nous étions à moins de deux ans de la présidentielle de 1988.

1988, un moment Ena : je suis en stage à la Commission, après mon ami Jacques Maire (le fils d’Edmond) et je passe un moment au cabinet où je travaille sur « L’Europe spatiale ». Je me souviens à quel point Jacques Delors était fasciné par l’Ena. Mais là n’est pas mon principal souvenir. Non, c’est celui de son passage à l’émission Le Grand Echiquier de Jacques Chancel où j’ai découvert un Jacques Delors amoureux du jazz, avec une merveilleuse performance de Stéphane Grappelli, et lecteur de l’Equipe. 

1989-1990, un moment AlterEco. Avec d’abord, en juin 1989, une interview que nous avons faite Philippe Frémeaux et moi (sous le pseudonyme à l’époque de Daniel Joussan) sur la question de l’Europe sociale et où il met en avant ce qu’il appelle « le modèle social européen, qu’il s’agisse des principes de la protection sociale ou du rôle des partenaires sociaux et de la négociation collective ». Expression que je reprendrai quelques années après dans mon Repères sur ce sujet de l’Europe sociale qui va devenir un de mes terrains d’investissement.  

Puis, en octobre 1990 l’invitation que nous lui avons faite (je présidais à l’époque l’association des lecteurs) d’être le grand témoin du dixième anniversaire du mensuel créé en 1980 par Denis Clerc. Avec un  débat auquel participaient Anton Brender (président du Cepii), Jean-Baptiste de Foucauld (à l’époque Commissaire général adjoint au Plan) et René Valette (président du CCFD). J’ai glané quelques citations révélatrices : « Le discours du libéralisme économique est inacceptable » ; « L’économie doit être au service de l’éthique » ; « Il faut réinventer des idéologies qui laissent à chaque personne sa responsabilité personnelle sans nier que son destin passe par une aventure collective. »

J’aurais pu évoquer deux autres moments. Un moment Join-Lambert dont j’ai oublié la date, quand nous nous sommes croisés à l’occasion de l’anniversaire de Marie-Thérèse qui était proche de lui et dont je profite de l’occasion pour saluer la mémoire.

Un moment Témoignage Chrétien, en 2009, quand, à la demande de Jacques Maillot,nous avions signé ensemble et avec d’autres un appel au soutien à ce journal héritier de la gauche chrétienne.

Je n’ai pas pu évoquer précisément, car je n’y étais pas, les deux moments Démocratie & Spiritualité :

1993, au moment de la création car c’est Jacques Delors qui a inspiré aux fondateurs, et notamment à Jean-Baptiste de Foucauld, la création de cette association dans le contexte de la disparition de l’empire soviétique qui conduisait le capitalisme à n’avoir plus de force de rappel.

2018, quand les fondateurs ont envisagé de mettre fin au projet et quand Jacques Delors les a encouragés à relancer l’association. Ce qui finalement a conduit Jean-Baptiste à prendre contact avec moi pour cela.

C’est la raison pour laquelle nous avons sollicité Jacques Delors quand nous avons fait un ouvrage pour saluer son action quand il m’a laissé la présidence de l’association, en 2020. Contribution qui, compte tenu de son état de santé à l’époque a été faite avec le concours de Jean-Pierre Bobichon.

A propos Alexis MONNET

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13L215 : Podcast conférence Jacques Delors

Conférence Jacques Delors Voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=3Q9-2pQ6_L0&authuser=0 ou en direct en dessous.

 

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