Accueil > À la une > Message de Daniel LENOIR nouveau Président de Démocratie et Spiritualité

Message de Daniel LENOIR nouveau Président de Démocratie et Spiritualité

Nous avons le plaisir de vous informer que, sur proposition de Jean-Baptiste de Foucauld qui souhaitait quitter ses fonctions, le CA du 9 juin 2020 a élu Daniel Lenoir à l’unanimité à la présidence de Démocratie & spiritualité. 

Une page nouvelle s’ouvre pour l’association, dans un souci à la fois de continuité avec l’inspiration des fondateurs et de renouvellement des méthodes et des thèmes de réflexion, pour élargir et diversifier le cercle de nos adhérents.

Message du nouveau président de D&S

Paris, le 18 juin 2020


Accrocher la charrue démocratique à l’étoile d’une espérance

Cher.e.s ami.e.s, adhérent.e.s et sympathisant.e.s de D&S,

Sur la proposition de Jean-Baptiste de Foucauld, le conseil d’administration de Démocratie & Spiritualité m’a élu, le 9 juin dernier, pour lui succéder à la présidence de notre association.

Dussé-je froisser sa modestie, je souhaite d’abord saluer son intuition, il y a un peu plus de 25 ans maintenant, d’avoir créé, avec Agnès Antoine, Bernard Gauthier, Bernard Ginisty, Patrick Boulte, Patrice Sauvage et d’autres chercheurs de sens, ce laboratoire d’idées, d’actions et de cheminements, autour de l’esperluette, ce « & » qui associe démocratie et spiritualité : non pour, dans une forme d’oxymore, tenter de concilier deux aspirations contradictoires, mais pour les faire dialoguer, pour les renforcer l’une par l’autre. C’est ce pourquoi le conseil d’administration l’a désigné Président d’honneur de D&S. C’est ce pourquoi nous le remercierons à l’occasion de notre assemblée générale, le samedi 12 septembre prochain, à laquelle je vous invite à participer nombreux, anciens et nouveaux adhérents, résidants en région comme en Ile-de-France.

Certes le contexte a profondément changé depuis le début des années quatre-vingt-dix : nous ne sommes plus au lendemain de la chute du mur, et d’autres transitions sont à l’agenda de l’humanité, au premier rang desquelles les questions environnementale et numérique. Mais les enjeux sont finalement les mêmes, comme vient de l’illustrer la crise du coronavirus, ou comme, avant elle, celle des gilets jaunes : la nécessité d’articuler éthique de responsabilité et éthique de conviction pour insuffler une plus grande fraternité humaine à l’échelle locale, nationale, européenne et planétaire.

Ces intuitions de départ sont d’autant plus d’actualité que, d’un côté, la démocratie fait l’objet d’une crise de confiance généralisée et de remises en cause d’autant plus dangereuses qu’elles sont plus sournoises, et, que de l’autre, le retour des spiritualités ou des religions, prophétisé par Malraux pour le 21ème siècle, risque d’alimenter les tentations totalitaires, ou au moins illibérales, comme l’illustrent la radicalisation islamiste, mais aussi le soutien des évangélistes à Donald Trump et à Jaïr Bolsonaro, de l’Eglise orthodoxe russe à Vladimir Poutine, ou encore la répression des musulmans par les hindous en Inde, par les bouddhistes en Birmanie et au Sri Lanka, ou par les communistes chinois, sans parler des dérives cléricales de l’Eglise catholique, dénoncées par le pape François lui-même, et de la tentation de certains de ses membres de revenir à un état de chrétienté.

Pourtant, seule la démocratie est en mesure d’accoucher de solutions acceptables pour les sociétés humaines, à condition qu’elle ne se limite pas à dégager, par les processus de vote ou d’élection auxquels on a trop tendance à la réduire, un compromis minimal entre nos intérêts et nos désirs contradictoires ; non parce que c’est le pire système à l’exception de tous les autres, comme le disait Churchill, mais parce qu’elle s’inscrit dans une espérance. Et pourtant, seule une expérience spirituelle ouverte sur les autres peut nourrir cette espérance ; celle que célébrait Péguy dans « Le porche du mystère de la deuxième vertu », et qui trouve sa source dans une spiritualité nourrie elle-même de nos diverses traditions, toutes ces traditions spirituelles, religieuses ou philosophiques, qui ont exprimé l’aspiration de l’humanité à une société plus juste et plus fraternelle.

Faire dialoguer démocratie et spiritualité, c’est ce que nous avons souhaité continuer à faire avec notre « enquête sur l’esperluette », lancée après la célébration des 25 ans en février 2019, en l’appliquant aux questions de la laïcité, de la transition écologique, du dialogue inter-convictionnel, ou encore de l’exercice des responsabilités ; une enquête que nous voulons aujourd’hui élargir, après la crise de la covid, aux questions de l’exclusion, du vieillissement et de la mort ou de la construction d’un « numérique à visage humain ».

Pour conduire à bien ces différents chantiers, il nous faut être plus nombreux.

Plus nombreux à adhérer, non seulement aux principes fondateurs de D&S, mais aussi à cotiser de façon à sécuriser les ressources de l’association : pour moderniser nos outils, comme le site et la Lettre, pour organiser notre réseau interne et pour assurer la rémunération de notre secrétaire administrative. C’est pourquoi je vous invite à adhérer, ou pour ceux qui sont déjà adhérents et qui ne l’ont pas encore fait, à vous acquitter de votre cotisation 2020 grâce au bulletin joint à cette lettre. Pour ceux qui le souhaitent, cette contribution peut se faire par versement mensuel. Dans tous les cas, un reçu fiscal vous sera adressé à la fin de l’année, qui permettra d’en déduire le montant à hauteur de 66% de votre revenu imposable.

Plus nombreux à contribuer aux travaux, mais aussi à les animer, de façon à faire vivre cette forme d’intelligence collective que nous souhaitons incarner, avec nos partenaires, sur les terrains du cheminement personnel, des actions concrètes, ou des idées et propositions à porter dans le débat public. La mise en place du réseau D&S permettra à tous les adhérents et sympathisants de participer à cette intelligence collective.

Plus nombreux mais aussi plus divers : plus divers dans les traditions religieuses ou philosophiques dans lesquelles nous puisons cette quête de spiritualité que nous voulons partager, plus divers dans les cultures politiques dont nous sommes issus, plus divers dans les générations représentées et dans les aspirations qu’elles portent.

Plus nombreux enfin, pour, dans cette période d’incertitude forte, porter cette parole prophétique, cette utopie réaliste d’une société mondiale plus humaine et plus fraternelle, d’une humanité réconciliée avec elle-même, en s’inspirant pour cela de l’esprit qui souffle à travers elle pour faire vivre l’exigence démocratique.

Daniel Lenoir

Vous pouvez retrouver Daniel Lenoir sur son blogue

https://www.daniel-lenoir.fr

 

A propos Régis Moreira

Sur le même thème...

La laïcité en France : Où en est-on ? Faux problèmes et vrais sujets

Conférence -débat avec Nicolas Cadene, Rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité Compte Rendu  de …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *