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Editorial L195 Invictus par Daniel Lenoir

Invictus

Dans les ténèbres qui m’enserrent

Noires comme un puits où l’on se noie

Je rends grâce aux dieux, quels qu’ils soient

Pour mon âme invincible et fière.(1)

Il y a quatre ans, nous célébrions, avec un an de retard, les 25 ans de D&S. Comme dans une émission d’une radio périphérique des années soixante-dix, la question était “stop ou encore ?”. Sur la base d’un texte d’orientation qui reste en grande partie d’actualité, nous avons choisi de relancer le projet associatif pour “approfondir et cultiver le « & » de Démocratie & Spiritualité”.

Autour de cette quête de l’esperluette,  nous avons développé de nombreux thèmes de réflexion, à l’occasion de nos conviviales, et aussi dans le cadre de groupes de travail thématiques, dont cette lettre s’est faite, mensuellement ou presque, l’écho. Ces réflexions vont bientôt pouvoir être partagées dans le cadre d’une collection que nous allons créer avec les Éditions de l’Atelier. Nous avons développé ces réflexions en lien étroit avec notre trentaine de partenaires, au premier rang desquels le Pacte civique que nous avons contribué à créer avec La Vie Nouvelle et Poursuivre, il y a onze ans maintenant.

Nous avons lancé aussi plusieurs appels, notamment à un sursaut spirituel et démocratique à l’occasion du dernier cycle électoral, mais aussi pour une autorité indépendante pour régler les conflits du quotidien relatifs à la laïcité. Si ces appels ont eu une portée plus prophétique qu’opérationnelle, ils nous ont permis aussi d’élargir le cercle de nos sympathisants et nombre d’abonnés à cette lettre le sont devenus en s’associant à ces appels sur la plateforme Wesignit.

Le Covid est passé par là : nous avons dû nous adapter dans nos modes de fonctionnement mais aussi intégrer les questions nouvelles que soulevait cette pandémie mondiale. Si nous avons essayé de développer la convivialité numérique, il nous faut retrouver les voies d’une convivialité de proximité, notamment dans la dynamique des groupes locaux.

Les événements géopolitiques se sont multipliés aussi, et le dernier en date, en Ukraine, nous rappelle, à nos portes, que la guerre est aussi, hélas, fondatrice de notre humanité, une humanité faite de bon grain et d’ivraie qu’il est toujours difficile de séparer.  Nous rappelle, car la violence restait endémique, et ce malgré la mondialisation néo-libérale et son mal nommé “doux commerce” qui était supposé y mettre fin : mais c’était oublier, comme l’avait intuité nos fondateurs, que le marché ne saura jamais créer entre les humains des liens aussi forts que la fraternité, troisième valeur de notre devise républicaine, cette adelphité qui nous fait reconnaître en chaque personne une sœur ou un frère en humanité.

Lors de notre dernière Université d’été, dans le prolongement du rapport moral et d’orientation adopté lors de l’assemblée générale 2022, nous avons tenté de décrypter ces signes des temps pour réfléchir aux utopies nécessaires au monde qui vient et initié un travail autour de la question “sommes-nous à la mesure de notre vocation ?”.

C’est cette question qui était à l’ordre du jour du séminaire “Sol invictus” que nous tenons depuis trois ans, après le solstice d’hiver, un moment symbolique – du moins sous nos latitudes –  depuis la nuit des temps comme le rappelle ce poème mis en exergue et qui accompagna Nelson Mandela pendant ses 27 années en prison : c’est au cœur de l’obscurité que l’espérance renaît.

A l’aube de nos trente ans, nous voulons continuer à cultiver cette esperluette “invincible et fière”, qui associe l’aspiration démocratique et l’inspiration spirituelle, qui donne son âme à notre République et nous aide au discernement face aux nombreux dilemmes auxquels nous confrontent les questions d’aujourd’hui. Ce sera le fil rouge du programme de cette année 2023 que nous vous présenterons dans le prochain numéro de cette lettre ; une année que nous vous souhaitons, à chacune et à chacun d’entre vous, porteuse d’espérance, de justice et de paix.

Daniel Lenoir

1) Invictus, poème de William Ernest Henley Il est surtout connu pour avoir été le poème préféré de Nelson Mandela.

A propos Régis Moreira

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