Joseph Delachenal
Républicain, catholique, progressiste
Enquête sur ses premières initiatives sociales en Savoie (1906-1914)
Résumé du livre de Bernard Reverdy
Joseph Delachenal, député de la Savoie de 1910 à 1958, est classé comme chrétien progressiste à ses débuts politiques. Bernard Reverdy, aîné de ses petits-fils, a pu retrouver carnets et feuilles manuscrites retraçant l’engagement de Joseph dans la vie sociale et politique au début du siècle dernier. Dans ce livre, il fait revivre la créativité et l’énergie de ce jeune avocat de 24 ans, parcourant à pied les villages de Savoie pour y animer des cercles d’études et inciter les agriculteurs à créer syndicats, mutuelles incendies et caisses de crédit coopératif. Mobilisant d’autres jeunes de son âge, il crée également des organisations mutuelles en faveur de la classe ouvrière, logements sociaux ou jardins ouvriers, en particulier à Chambéry.
Son charisme et sa présence sur le terrain le conduisent à se présenter au Conseil général de la Savoie puis à la députation. Il est élu député en avril 1910, au premier tour dans une triangulaire, mais battu quatre ans après, juste avant le début de la grande guerre. Ce livre montre les deux sources de son inspiration : celle de sa famille, famille de notables d’Ugine élus
républicains sur plusieurs générations et celle du christianisme social, encouragé par le pape Léon XIII dans son encyclique Rerum Novarum de 1891. Il s’inscrira dans ce mouvement social minoritaire chez les catholiques de la fin du XIX e siècle, qui a vu naître l’action catholique de la jeunesse et le Sillon de Marc Sangnier.
Huit années de la vie de Joseph Delachenal (1906-1914) suffisent à Bernard Reverdy pour révéler sa formidable créativité et sa persévérance pour développer dans tous les villages cette part d’économie sociale, alternative au capitalisme débridée et à la tentation collectiviste. Son programme politique et ses propositions de lois demeurent d’une brûlante actualité dans une France encore aujourd’hui divisée : la représentation proportionnelle au parlement, l’impôt progressif sur le revenu, le logement social pour les plus démunis, la défense des consommateurs, la politique familiale, la liberté et l’indépendance des fonctionnaires, la réduction de la dette, le principe de subsidiarité entre les différents niveaux de l’action publique ou entre ceux-ci et l’initiative des associations. L’auteur, héritier de cette culture sociale, lui-même ancien élu local et initiateur de plusieurs associations, en particulier les Régies de quartier ou de territoire, peut alors se permettre, à la fin de son ouvrage, de tirer des leçons pour aujourd’hui de cette riche expérience humaine et citoyenne.
Extrait de la préface de Jean-Baptiste de Foucauld
Ce qui frappera le lecteur, c’est à la fois l’effervescence du christianisme social, suite à l’encyclique Rerum novarum de Léon XIII, en 1891, et l’originalité de la position de ses disciples. C’est que cette fameuse encyclique, référence évidente de celui qui a repris le nom, Léon XIV, est à la fois une critique virulente du capitalisme d’alors et une affirmation puissante de la légitimité du droit de propriété, contesté par le mouvement socialiste. Cette tension, Joseph Delachenal la résout par un inlassable engagement social.
Démocratie & Spiritualité …une instance commune de réflexion invitant à l’action.