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Le Président de la République, comme la majorité des candidats à l’élection présidentielle, avait pris position pour un service civique obligatoire, à la suite de l’appel de la Vie. Aujourd’hui, plus personne n’en parle. Ce qui faisait quasi-consensus hier est devenu un non-sujet. Et même, le prudent service civil volontaire, pâle, bien qu’intéressante réponse à la crise des banlieues, n’arrive pas à trouver les moyens de bien fonctionner. Quelle versatilité à l’égard d’un grand projet politique !

Service civique obligatoire : Tenir parole !

Le Président de la République, comme la majorité des candidats à l’élection présidentielle, avait pris position pour un service civique obligatoire, à la suite de l’appel de la Vie. Aujourd’hui, plus personne n’en parle. Ce qui faisait quasi-consensus hier est devenu un non-sujet. Et même, le prudent service civil volontaire, pâle, bien qu’intéressante réponse à la crise des banlieues, n’arrive pas à trouver les moyens de bien fonctionner. Quelle versatilité à l’égard d’un grand projet politique !

Comment expliquer ce retournement ? Faut-il en déduire que les engagements pris l’ont été de manière légère, sans bien en voir toutes les conséquences ? Faut-il comprendre que les adversaires d’une telle idée sont nombreux et influents, prêts à s’exprimer avec force, et que, devant une menace de conflit, on est tenté de reculer ? Faut-il constater que le nombre de chantiers ouverts est si grand qu’il n’y a plus d’énergie mobilisable pour une proposition de cette dimension ? Faut-il enfin constater qu’il n’y a pas les disponibilités budgétaires pour mettre en œuvre un projet de cette envergure ? Toutes ces raisons, sans doute, expliquent l’inaction ou l’attentisme actuel.

Mais elles ne le justifient pas. Le service civique obligatoire doit être remis en débat. Il ne saurait être mis en œuvre sans un exercice pratique d’éthique de la discussion qui permette d’y voir clair. Dans l’immédiat, sauvons le service civil volontaire. Mais préparons l’avenir : un vrai débat pour les prochaines élections ou pour un futur référendum. Et pour cela organisons-nous collectivement dès que seront à peu près bouclés les grands dossiers économiques et sociaux de l’année, afin de préparer une vraie décision démocratique, quelle qu’elle soit finalement, négative ou positive. Ne passons pas frileusement à côté de ce vrai débat de société !

Organisons, sans trop tarder, un « Grenelle » du service civique obligatoire. Bien des questions se posent, qui n’ont pas toutes été inventoriées, malgré les excellentes contributions qui existent déjà. Quel est le but exactement de ce service obligatoire ? Qui concerne-t-il, les jeunes ou l’ensemble des générations ? Que répondre à ceux qui craignent un effet négatif sur l’emploi, une pollution du bénévolat par une sorte de travail forcé, ou un décalage trop fort par rapport aux valeurs de la société individualiste ? Comment l’organiser de manière souple, enrichissante, créatrice pour toutes et tous ? En quoi et comment peut-il, car c’est son but, améliorer la qualité de notre vie démocratique ?

On ne luttera pas en profondeur contre le risque d’exclusion inhérent aux sociétés modernes sans recréer des formes nouvelles d’obligation et de service mutuel. Un nouveau pacte civique est à inventer ensemble. Le service civique universel prenant la place de l’ancien service militaire en est une composante essentielle. Hier, on était prêt à donner sa vie à la Nation. Aujourd’hui, on n’aurait pas à donner un peu de son temps à la collectivité ?

A propos Jean-Baptiste de Foucauld

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