Accueil > Articles de référence de D&S > Colloque de Saint-Denis – Conclusions et perspectives

Colloque de Saint-Denis – Conclusions et perspectives

La genèse de ce colloque s’origine dans la rencontre de femmes et d’hommes, profondément convaincus et engagés dans la promotion de l’Homme, de tout l’homme et de tous les hommes, dans le sillage du personnalisme communautaire d’Emmanuel MOUNIER et d’Economie & Humanisme fondé par Louis Joseph LEBRET.

Leur espace de militance se nomme d’une part La Vie Nouvelle et d’autre part Démocratie & Spiritualité, deux mouvements qui collaborent depuis plusieurs années. A l’occasion de contacts renoués entre La Vie Nouvelle et Poursuivre, qui en est issu, et d’une invitation à participer au colloque sur l’actualité d’E. Mounier en avril 2005, qu’organisait la Vie Nouvelle, le cercle de ces organismes qui se sentent concernés par le combat pour la promotion de la personne humaine, s’est agrandi.

De telles rencontres ont fait germer un projet de collaboration d’autant que les uns et les autres prenaient de plus en plus conscience des enjeux de survie de notre société, qui doivent nous inciter à une mobilisation urgente et nécessaire. C’est donc à l’initiative de la Vie Nouvelle que s’est dégagée la perspective d’un colloque qui serait organisé en commun par les 3 Mouvements.

Il a été décidé qu’il s’intitulerait « Démocratie et quête de sens » : choix de le réaliser à St Denis dans le 9 3, lien avec la campagne de « la Vie » sur la perspective d’un « Service civil obligatoire », passage à l’épreuve de la réalité pour une telle mise en place, travail à partir des bonnes volontés mais aussi des compétences et des ressources diverses de chacun des 3 Mouvements…on imagine les aléas, les difficultés et les tâches concrètes auxquelles les 12 membres du comité de pilotage tripartite ont dû faire face pendant un an.

Ils ont réussi le pari de nous réunir 3 jours ici, à plus de 400 participants, élargissant le partenariat à 6 puis à 20 organismes. Ils ont fait appel à des intervenants de grande valeur. Ils ont mobilisé des hommes politiques et des responsables d’associations, d’églises, de centres de formation et de médias, qui se sont prêtés au jeu de l’interpellation citoyenne. Ils nous ont invités à y être acteurs, à partir de nos expériences professionnelles et militantes sur les questions du sens et l’apprentissage du vivre ensemble, à travers une fertilisation mutuelle du politique et du spirituel.

Chacun des participants y a trouvé de multiples occasions de réfléchir, d’échanger, de se confronter, de dialoguer, bref de vivre une expérience citoyenne. Il n’est pas question ici de synthétiser la richesse de tous ces apports. Cependant les organisateurs ont fait le choix de retenir les contributions des ateliers à partir de ces quelques phrases glanées ici et là comme autant de reflets et de témoins de ces rencontres :

  • La culture peut être source de lien en partageant des expériences de beauté rendues accessibles à tous, en faisant émerger les capacités créatrices de chacun, en créant des espaces d’échanges de paroles et de compétences…
  • L’engagement pour la paix ne peut porter de fruits, si chacun n’opère en lui les changements nécessaires pour accueillir l’altérité.
  • Les services publics risquent de subir des effets de perversion, aussi il est toujours nécessaire de les rénover par une participation démocratique aux décisions. »
  • Dans un monde de l’immédiateté et de l’individualisme, entraves à la démocratie, les associations sont ferments de fraternité en faisant émerger des besoins, et en répondant aux dysfonctionnements sociaux…A condition qu’elles soient à l’écoute des citoyens,, elles méritent respect et reconnaissance…Comment faire pour que les élus soient à l’écoute et agissent en cohérence avec le sens de l’engagement associatif ?
  • La froideur du programme tue la démocratie…Il n’y a pas de démocratie providentielle.
  • Comment réaliser un travail collectif pour la recherche d’une identité et d’un sens ?
  • Il faudrait que la question européenne ait une place significative dans les campagnes présidentielle et législative et que les parlementaires européens rendent compte de leur mandat.
  • Ne fais pas pour nous, mais avec nous !
  • La spiritualité est la gestion de notre cité intérieure, comme la politique l’est pour la cité extérieure.
  • Ce qui rend possible la démocratie à l’école ou dans la société c’est la conjonction des 3 dimensions : la loi, le sens et le lien.

Et maintenant quelles suites et quelles perspectives ?

« Nous avons démarré une construction collective. Un processus commun est engagé » comme nous le disait hier Philippe Merlant, journaliste à « La Vie ». Il nous faut le poursuivre. Mais comment la définir ?

  • par un engagement commun dans le combat pour ce que notre ami Pierre Saglio appelait « l’égale dignité de la personne »
  • par un défi : celui de la politique au risque de la spiritualité
  • par un champ : le fonctionnement civique de notre société
  • par des tâches concrètes que les 3 Mouvements pourraient proposer à leurs instances décisionnelles respectives :
  • construire une plate-forme de leurs convictions communes
  • inviter d’autres partenaires associatifs à les rejoindre
  • diffuser auprès de leurs membres, notamment par leur revue ou bulletin, la synthèse des apports, des contributions et des questionnements de ces rencontres.
  • inviter nos équipes ou groupes partout ou ils sont implantés, aux plans régional ou local à continuer ces échanges et réflexions
  • et pour 2 Mouvements ( LVN et D&S) prendre position publiquement avec interpellation des candidats aux présidentielles, sur la base d’un pacte civique à construire mais qui pourrait s’articuler autour de quelques points clés comme :
    • l’approfondissement de l’éventualité d’un Service Civil Obligatoire , véritable moteur d’un projet nouveau de société
    • l’incitation à l’éthique du débat comme outillage essentiel pour la démocratie d’aujourd’hui
    • la question du vote des émigrés comme condition incontournable de la cohésion sociale.

Ce ne sont là que des propositions qui s’ajoutent à celle de notre ami Eric Lombard pour une participation au débat via internet.
L’aventure de la rencontre a suscité des complicités dans l’engagement pour une société qui trouverait sens. Ce n’est pas sans susciter des réactions et des incompréhensions du fait même d’un tel rassemblement ici. Mais il est sûr que loin de vouloir aliéner l’homme, c’est dans le combat pour sa dignité que nous sommes embarqués, comme bien d’autres d’ailleurs. Alors avant de nous souhaiter bon vent pour la poursuite de cette aventure je redonne la parole à notre amie Jacqueline Louiche, présidente de La Vie Nouvelle pour conclure et remercier.

Jacques Bruneau
Président de Poursuivre.

Sur le même thème...

L’avenir des églises (normandes)

Le Centre international de Cerisy la salle dans la Manche, qui organise chaque année pendant l’été une vingtaine de colloques d’une semaine (www.ccic-cerisy.asso.fr) a réuni du 2 au 30 mai l’ensemble des parties prenantes concernés par le « devenir des églises normandes » : la baisse de la population rurale, la diminution de la pratique religieuse, celle du nombre des prêtres aboutissent à ce que beaucoup d’églises rurales, notamment dans les petites communes, ne soient plus guère utilisées pour le culte ; or, il y a en France environ trois églises pour deux communes.

Laisser un commentaire

En continuant votre navigation, vous acceptez que ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Plus d'infos

The cookie settings on this website are set to "allow cookies" to give you the best browsing experience possible. If you continue to use this website without changing your cookie settings or you click "Accept" below then you are consenting to this.

x